• La jungle des labels bio

    Posté le 30 mai 2012, modifié le 22 novembre 2014

     

    Qui autorise quoi ?
    Comment est calculé le taux d’ingrédients bio ?
    Les ingrédients sont-ils aussi naturels qu’ils le laissent paraître ?

    Voici des réponses simples et claires pour s’y retrouver dans la jungle des certifications bio…

    Tout ce qui est tenu pour naturel ne l’est pas forcément, une belle image de marque peut cacher beaucoup.

    La lecture attentive des composants d’un cosmétique le montre : un grand nombre de produits, qui doivent leur réputation au show-business, contient en réalité une part importante de chimie, non-conforme à un cosmétique naturel et bio.

    D’un autre point de vue, on a tendance à considérer que dès qu’un produit est labellisé bio, il est naturel.
    Vous verrez par la suite que c’est parfois loin d’être le cas…

    Bio : la grande envolée

    Le chiffre d’affaire des cosmétiques naturels et bio s’est envolé ces dernières années. Tandis que certaines marques ont atteint des taux de croissance supérieurs à 10 %, d’autres sont arrivées sur le marché, offrant ainsi au consommateur un plus large choix de produits, mais aussi de certifications. De notre point de vue de consommateur, la multiplication des normes et labels est fâcheuse : jusqu’en 2008, seules 2 normes prédominaient en Europe : Ecocert et BDIH. Depuis 2009, 2 nouveaux labels sont arrivés : Natrue et Cosmos, soit un total de 7 normes européennes pour les cosmétiques naturels et bio. Comme si cela ne suffisait pas, les normes hors UE des Etats-Unis et d’Australie viennent compléter ce désordre. Conséquence logique, il est difficile de s’y retrouver dans cette jungle des certifications.

    Au fait !

    On labellise des produits cosmétiques, pas des marques. Une même société (par exemple Weleda) peut vendre des produits labellisés mais aussi des produits non labellisés.

    Il y a naturel et d’origine naturelle…

    a quasi-totalité des consommateurs a tendance à croire qu’un ingrédient annoncé « d’origine naturelle » est complètement naturel. Cela peut être tout à fait exact, mais cela peut aussi être moins évident. Donc un ingrédient d’origine naturelle, c’est quoi ? 3 possibilités :

    • il est totalement naturel : comme l’eau, le miel, le sel de mer…
    • il a une origine naturelle et n’a subi que peu de transformations : les huiles végétales extraites par pression à froid, les extraits de feuilles séchées, les huiles essentielles obtenues par distillation…
    • un de ses composants a une origine naturelle : par exemple un tensioactif dont la base de coco a été soumise à des traitements chimiques parfois lourds comme l’éthoxylation.

    Dans ce dernier cas, l’origine naturelle est souvent bien lointaine…

    L’eau dans les cosmétiques bio

    On y pense pas forcément, mais la question vaut la même de s’y arrêter : quel rôle joue l’eau dans le calcul du taux de bio ? L’eau est naturelle certes, mais elle n’est pas bio, et pourtant il existe plusieurs moyens pour l’utiliser et faire gonfler le fameux pourcentage bio d’un produit :

    Les hydrolats :

    Ils résultent de l’hydrodistillation des plantes pour obtenir des huiles essentielles : la vapeur se condense et redevient de l’eau. L’huile essentielle est récupérée à la surface et il reste l’hydolat, également appelé eau florale. Les hydrolats ne contiennent que très peu de substances végétales et sont surtout composés d’eau.

    La reconstitution

    C’est un autre chemin pour augmenter le taux du bio : en allongeant un concentré végétal par adjonction d’eau. L’aloe vera s’y prête particulièrement bien car il peut être dilué jusqu’à 200 fois ! Cela signifie que 5 mL d’un concentré d’aloe vera deviennent 1 L …

    Les extraits

    Pour un extrait, les plantes sont mélangées avec un liquide d’extraction, généralement un mélange d’eau et d’alcool. Ce liquide permet l’extraction des agents actifs contenus dans la plante. Or puisque cette eau est incluse dans le calcul du taux bio d’un produit, la qualité bio est donc « diluée ».

    Au fait !

    Le bioéthanol est également inclus dans le pourcentage bio. Certes il s’agit d’un ingrédient bio, mais vouloir atteindre un pourcentage élevé à l’aide d’un tel alcool est à rejeter tout autant que la tentative par l’eau.

    Plusieurs labels, plusieurs définitions du bio…

    Ecocert

    Qu’est ce que c’est ?

    Ecocert est un organisme français de contrôle et de certification. Il garantie que le produit a respecté les règles de la production biologique tout au long de sa chaîne de fabrication : production des ingrédients, transformation, emballage, transport, distribution…

    Quelles garanties ?

    Concernant la protection des animaux, Ecocert revendique :

    • la non-utilisation de tests sur les animaux pour les produits finis (en cohérence avec la législation actuelle)
    • l’interdiction des matières premières animales extraites d’animaux vivants ou morts
    • la règlementation des matières premières animales produites naturellement par les animaux et non constitutives des animaux (lanoline, miel…).

    Quels contrôles ?

    Deux fois par an, Ecocert contrôle l’ensemble des opérateurs de la filière : les agriculteurs, l’entreprise qui transforme les produits, celle qui les conditionne, qui les transporte et qui les distribue. C’est un inspecteur du bureau local (présent dans chaque zone de production) qui vérifie le respect des critères du cahier des charges.

    Marques possédant des produits labélisés : principalement sous le label Cosmébio

    Plus d’infos : www.ecocert.fr

     

    Cosmébio

    Qu’est ce que c’est ?

    Un label français désignant un produit écologique et biologique.

    Quelles garanties ?

    Contrôlé par Ecocert, ce label impose :

    • 95% minimum d’ingrédients d’origine naturelle
    • 10% minimum d’ingrédients issus de l’agriculture biologique
    • 95% d’ingrédients bio sur le total des ingrédients végétaux

    Par origine naturelle, la charte Cosmébio entend des matières premières issues des agro-ressources (= renouvelables), transformées suivant des procédés respectueux de l’environnement et non issues de la pétrochimie.

    Sont interdits :

    • les parfums et colorants de synthèse
    • les huiles de synthèse (silicones)
    • les glycols, OGM, composés chimiques
    • les matières premières extraites d’animaux morts

    Quelques ingrédients de synthèse (pas tous) sont autorisés, à hauteur de 5% maximum (en général des conservateurs).

    Quels contrôles ?

    L’ensemble de la filière est contrôlée par des organismes de contrôle indépendants: fournisseurs de matières premières, transformateurs, laboratoires, et distributeurs.

    Bon à savoir 

    Par la règle des 10% minimum bio, il est stipulé que les produits certifiés doivent contenir un certain pourcentage d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.
    Or l’eau peut être comptée dans ce calcul…
    La limite à partir de laquelle un ingrédient aqueux (extraits, hydrolats) peut être comptabilisé est de 5% de part végétale.
    En d’autres termes, si un ingrédient est constitué d’au moins 5% de part végétale, il est totalement inclus dans le calcul du taux bio et ce,  même si il est constitué à 95% d’eau.
    Dans le cas d’une part végétale de 1%, Ecocert permet de déclarer 20% de l’ingrédient en bio.
    Cosmébio ne garantit donc pas une qualité bio élevée.

    Marques possédant des produits labellisés : Cinq Mondes, Mixa, Sanoflore, Pulpe de Vie, Aroma-Zone, Ushaïa, Cattier, Dermophil Indien, Juvabio, Couleur Caramel, Cadum, Melvita…

    Plus d’infos : www.cosmebio.org

     

    Natrue

    Qu’est ce que c’est ?

    Un label créé en 2008 par un regroupement de fabricants de produits cosmétiques naturels et biologiques.
    NATRUE est le cigle de European Natural and Organic Cosmetics Interest Grouping.

    Le label a pour premier principe que seules des matières premières naturelles, nature-identiques (issues de la synthèse mais identiques à celles que l’on trouve à l’état naturel) et transformées d’origine naturelle sont autorisées.
    Il liste également les procédés admis pour la fabrication.

    Quelles garanties ?

    3 niveaux d’exigence sont prévus :

    • Label Natrue à une étoile : cosmétique naturel
      Le produit doit respecter des teneurs minimales en substances naturelles et maximales en substances transformées, définies pour chaque catégorie de cosmétique.
    • Label Natrue à 2 étoiles : cosmétique en partie bio
      En plus des exigences définies par la charte, le produit doit contenir au moins 15% de substances naturelles (végétales ou animales) non modifiées chimiquement, et au maximum 15% de substances transformées d’origine naturelle.
      Les ingrédients d’origine végétale ou animale doivent provenir au moins à 70% de cultures biologiques et/ou de cueillette sauvage contrôlée.
      Les substances transformées doivent être issues de matières premières certifiées bio.
    • Label Natrue à 3 étoiles : cosmétique bio
      En plus des exigences définies par la charte, le produit doit contenir au moins 20% de substances naturelles (végétales ou animales) non modifiées chimiquement, et au maximum 15% de substances transformées d’origine naturelle.
      Les ingrédients d’origine végétale ou animale doivent provenir au moins à 95% de cultures biologiques et/ou de cueillette sauvage contrôlée.
      Les substances transformées doivent être issues de matières premières certifiées bio.

    Quels contrôles ?

    Un contrôle est effectué par un organisme indépendant une fois par an, et donne lieu à un certificat valable quinze mois, pour chaque produit.

    Bon à savoir 

    Les dilutions et reconstitutions ne sont pas autorisées chez Natrue : l’eau ne compte pas.
    Pour le calcul du taux bio, seule la part végétale peut être prise en compte.

    Marques possédant des produits labellisés : Lavera, Logona, Weleda, Kneipp…

    Plus d’infos : www.natrue.org  (en anglais)

     

    BDIH

    Qu’est ce que c’est ?

    Un label allemand désignant un cosmétique naturel contrôlé.
    La directive BDIH préconise l’emploi de matières premières végétales et la protection des animaux.

    Quelles garanties ?

    Quelques conservateurs doux tels que l’acide benzoïque (INCI Benzoic acid) et l’acide sorbique (INCI Sorbic acid) sont autorisés.

    Sont interdits :

    • le recours aux rayonnements ionisants (procédés de fabrication)
    • les colorants organiques et substances aromatiques synthétiques
    • les matières premières éthoxylées (PEG, PPG…)
    • les huiles synthétiques (silicones)
    • les dérivés du pétrole (paraffine…)

    Bon à savoir 

    Tout comme Natrue, BDIH n’accepte pas l‘eau dans le calcul du taux de bio.

    Marques possédant des produits labellisées : Dr Hauschka, Lavera, Logona, Alima pure, Bioflore

    Plus d’infos : www.bdih.de (en allemand)

    Nature et Progrès

    Qu’est ce que c’est ?

    Nature & Progrès est une association qui regroupe des producteurs agricoles, des fabricants cosmétiques et des consommateurs.
    Son but est de proposer des produits qui respectent les lois de la nature, en utilisant le moins possible des produits de synthèse.

    Quelles garanties ?

    Pour obtenir ce label, les fabricants s’engagent à respecter un cahier des charges très strict (le plus exigeant de sa catégorie) puisque 100% des composants doivent être bio et qu’au minimum 70% des gammes de la marque doivent être labellisés Nature & Progrès.

    De plus, l’entreprise doit adhérer à la Charte générale de Nature & Progrès concernant les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et humains.
    Les produits cosmétiques sont issus de matières premières obtenues en ayant recours à des procédés physiques ou chimiques simples, sans molécules, parfums et colorants de synthèse.

    Quels contrôles ?

    Les enquêtes sont effectuées une fois par an ou tous les deux ans pour les producteurs déjà labellisés AB.  Un Système Participatif de Garantie (SPG) composé de consommateurs et de professionnels ancrés au niveau local, contrôle l’ensemble des moyens de production, les méthodes de fabrication, la comptabilité, les moyens de stockage ainsi que la gestion environnementale de la production.

    Bon à savoir 

    Nature & Progrès étant très orienté vers le naturel, la qualité bio des produits labellisés est en règle générale très bonne.

    Marques possédant des produits labellisées : Florame, 1001 Vies, World Wild Men, Bio-Arômes…

    Plus d’infos : www.natureetprogres.org

     

    Cosmos

    Qu’est ce que c’est ?

    Créé en juin 2010 par les organismes de certification Cosmébio, Ecocert (France), BDIH (Allemagne), ICEA (Italie) et Soil Association (Grande-Bretagne), Cosmos-standard est censé harmoniser les différents labels européens.

    Les logos nationaux ne disparaîtront pas pour autant, mais les produits seront complétés par la mention «Cosmos Natural» ou «Cosmos Organic», soit 2 degrés de certification.

    Quelles garanties?

    • 20 % du total du produit doit être bio
    • 95% de des ingrédients certifiables transformés mécaniquement doivent être bio.
    • 30% de ces ingrédients naturels transformés chimiquement doivent être bio
    • 0% synthèse : les produits de synthèse ne sont pas autorisés
    • Les emballages et suremballages doivent être dès que possible biodégradables ou recyclables

    Sont interdits :

    • les tests sur animaux
    • les parfums et colorants de synthèse
    • les conservateurs de synthèse comme les parabens ou le phénoxyéthanol
    • la pétrochimie (paraffine, silicone, PEG)
    • les OGM
    • les procédés ionisants

    Bon à savoir

    Cosmos autorise l’inclusion de la part d’eau dans le calcul bio des lotions.

    Plus d’infos : www.cosmos-standard.org (en anglais)

    En résumé…

    Vous l’avez vu, chaque label possède sa charte et donc ses critères de certification.
    Par conséquent, un produit peut être certifié par un label mais pas forcément pas un autre, et on peut trouver au sein d’une même marque, plusieurs labels différents.

    Autre chose, ce n’est pas parce qu’un emballage affiche fièrement des pourcentages élevés d’ingrédients d’origine naturelle ou bio qu’il faut s’y fier aveuglément.
    L’astuce de faire gonfler ses chiffres en insérant l’eau dans les calculs du taux de bio est méconnue mais bien réelle.

    Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, c’est que les chiffres, contrairement à ce que l’on pense, mentent parfois.

     

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1 commentaire.

  1. Camille dit :

    En effet c’est la jungle coté bio c’est pour cela que sa me fait peur car on ne sais pas à quoi ce fier…meme si j’envisage de passer mieux niveau compo une fois que mes produits se finissent…bisous a toi

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